PablO expose au Musée d’Art & d’Archéologie du Périgord

 

PablO, Musée d’Art & d’Archéologie du Périgord©Bernard Chubilleau – chubilleau.com


Dans sa chute Dieu a renversé sa palette de couleurs sur la terre.
L’enfant de l’Art les a ramassées pour en nourrir sa mémoire. 
Devenu grand, dans un monde sociétalement à la peine,
 l’artiste vient d’ouvrir aujourd’hui, et ce jusqu’au 11 mars,
 son arc en ciel au Musée d’Art et d’Archéologie du Périgord, à Périgueux. 
En ce temps où les tensions redoublent, où le stress est à son paroxysme,
 la plénitude colorée de PablO nous apaise. 
La folle envie et l’audace de sa jeunesse,
 sa chaleur intérieure et l’authenticité de son travail sont accrochés aux cimaises du musée. 
Le Périgord s’en trouve plus attrayant encore. A voir Absolument !

Bernard Chubilleau

Nous remercions Bernard Chubilleau qui nous autorise la publication de la photo de l'artiste ainsi que son texte.



Dossiers

 

L’Art de PablO

Une Terre Promise

 

 

Il a toujours été pour moi… un vrai grand artiste

qui s’inventait et se continuait lui-même sans cesse

dans la féerie de vivre et de regarder.

Et c’est cela qui est l’éternelle jeunesse…

J’ai toujours senti en lui ce silence des êtres purs,

ce rassemblement de scrupules et de délicatesses

 autour du secret même de la vie[1]

 

 

 

« Il suffit qu’un enfant de cinq ans… dessinât sur un album pour que quelque porte s’ouvrît dans la lumière, pour que le château se rebâtît et que l’ocre de la colline se couvrît de fleurs[2]. »

Un temps plus tard, en ces lieux historiques où ses pairs, maîtres de la création picturale, sont réunis et honorés, PablO y vient prendre rang.

Peindre, comme tout acte artistique, est une vocation, une impérieuse nécessité pour soi-même, un besoin fondamental que l’on peut croire égoïste, à ceci près que l’œuvre réalisée n’appartient plus à son auteur. Le beau naît d’une satisfaction aussi nécessaire que désintéressée. Cette vocation prend sa source dans l’éveil de la petite enfance, chemine avec son créateur jusqu’à ce que le livre de l’existence se referme. Dante assigne à chaque artiste la mission d’explorer à la fois l’enfer et le paradis. Au final l’artiste dira « J’ai oublié bien des choses inutiles. J’en ai appris d’essentielles. Peut-être ai-je appris à regarder en moi-même[3]. »

Artiste discret, presque secret, PablO se livre peu, mais un cœur authentique bat sous sa tunique éclaboussée des mille couleurs de l’arc-en-ciel. Son univers flamboie en une polyphonie de coloris inattendus, audacieux et cependant médités, invités au festin afin de recréer la lumière qu’un moment il perçoit comme une révélation et qu’il va s’attacher à nous retransmettre. « Je rêve ma peinture, ensuite je peins mon rêve » avouait Vincent van Gogh. Ce moment de bonheur, de communion avec l’univers, il veut qu’il devienne joie pour le regard de l’observateur qui se pose, scrute, et pour lequel tout devient ordre supérieur : les tons les plus fortuits se complètent, se chérissent pour composer une symphonie de sensations… alors cette lumière réinventée évoque l’instant volé à l’éternité.

Diderot soutient que l’art nous enseigne à percevoir dans la nature ce que notre œil ne perçoit pas dans la réalité. Nous saluons chez PablO la faculté « d’un artiste qui a entrevu au milieu des théories décevantes et de l’anarchie latente, une Terre promise où il a pu travailler avec simplicité et amour[4]. »

 

 

Jean Alain Joubert

Décembre 2018

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[1] Léon-Paul Fargue, « Bonnard », Pour la peinture, Paris, nrf Gallimard, 1955, p. 98-99.

[2] Max Jacob, Derniers poèmes en vers et en prose, Paris, Gallimard, 1961, p. 118.

[3] Roger Bissière, T’en fait pas la Marie, catalogue de l’exposition Bissière à la Galerie René Drouin, Paris, 1947.

[4] Georges Rouault, Sur l’art et sur la vie, chapitre « Noli me tangere, Cézanne », Paris, Folio essais, 2008 (Édition initiale Denoël/Gonthier, 1971), p. 55-56.

 

 

 

 

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